À Antananarivo, circuler relève souvent de l’épreuve. Les rues sont saturées. Les trottoirs disparaissent. Les règles existent, mais elles sont peu respectées. Chacun cherche à avancer, parfois au détriment des autres. La route devient un espace de tension permanente. Dans ce contexte, piétons, motards et automobilistes cohabitent difficilement. Les accidents ne sont plus des faits isolés. Ils sont le symptôme d’un système fragilisé.
Des usages de la route qui se détériorent
L'usage de la route à Tana évolue dans le mauvais sens, marqué par des comportements de plus en plus désordonnés qui fragilisent la sécurité de tous.
Les piétons, contraints de marcher au milieu du danger
Marcher sur le trottoir n’est plus toujours possible dans les rues tananariviennes. Les étals occupent l’espace. Les commerces débordent sur la voie publique. Certaines constructions empiètent sur le domaine commun. Les piétons se retrouvent alors sur la chaussée, au plus près des véhicules.
La traversée de la rue devient aussi un risque quotidien. Les passages cloutés sont effacés ou mal positionnés. Beaucoup traversent en dehors des zones prévues. Certains se faufilent entre les voitures en pleine circulation. Le piéton s’adapte au danger au lieu d’en être protégé.
Les motards, entre contournement des règles et prise de risques
Les deux-roues sont omniprésents dans la capitale. Pourtant, leur usage reste souvent mal encadré. De nombreuses motos déclarées en 49cc roulent en réalité avec une cylindrée supérieure. Cette fraude facilite l’accès à la conduite sans permis de conduire et sans formation adaptée.
Nombreux motards ignore le Code de la route. Certains roulent sans casque. D’autres dépassent les limites de vitesse et se livrent dans les courses sauvages. Le zigzag entre les véhicules est devenu une habitude en embouteillage, ce qui expose les motards à des chocs souvent mortels.
Les automobilistes, un rôle clé dans le déséquilibre
Les conducteurs de voitures ne sont pas en reste. Les passages piétons sont fréquemment ignorés. Les priorités sont mal respectées. Le stationnement anarchique bloque la visibilité et rétrécit la chaussée surtout dans le cas des camions poids lourds et semi-remorques.
La distraction est aussi un facteur majeur. Le téléphone au volant détourne l’attention. La conduite sous l’emprise de l’alcool reste une réalité. Dans un trafic dense, ces comportements mettent directement en danger les usagers les plus vulnérables.
Quand les mauvaises habitudes deviennent un danger collectif
À Antananarivo, l’accident survient rarement par hasard. Il résulte d’une accumulation d’erreurs : un piéton peu visible, un motard pressé, un automobiliste distrait. La marge d’erreur est faible. La densité du trafic ne pardonne pas.
Chaque usager pense souvent maîtriser la situation. Pourtant, la route fonctionne comme un système. Une imprudence entraîne une autre. Les conséquences sont humaines : des blessés, des décès, des familles endeuillées. Le coût social et économique est lourd. Et les drames se répètent.
Repenser la cohabitation pour une circulation apaisée
Face à ces constats, repenser la cohabitation sur la route devient indispensable pour réduire les tensions, limiter les accidents et rendre la circulation plus apaisée à Antananarivo.
Des comportements simples, mais essentiels
La sécurité routière ne repose pas sur des gestes complexes. Elle commence par l’attention : regarder avant de traverser, ralentir en zone urbaine, respecter les distances, porter un casque, éviter les dépassements risqués. Ces réflexes sauvent des vies.
Une responsabilité partagée
La route n’appartient à personne en particulier. Elle est un espace commun. Les piétons, les motards et les automobilistes doivent se respecter. Les collectivités ont aussi un rôle clé. L’aménagement urbain, la signalisation et le contrôle influencent directement les comportements.
Changer la culture de la route
La sécurité routière à Antananarivo ne se réglera pas uniquement par la sanction. Elle passe par une prise de conscience collective. Chacun est responsable de la vie de l’autre. Une circulation apaisée commence par un changement d’habitudes. Et ce changement concerne tout le monde.







Piétons et véhicules : une cohabitation dangereuse dans la capitale malgache